Près de 14 000 annonces de Peugeot 308 II sur Le Bon Coin et quelque 5 300 sur La Centrale : le marché de l’occasion regorge de cette compacte, l’une des plus vendues en France avec 460 000 exemplaires écoulés entre 2013 et 2021. Pourtant, toutes ces voitures ne se valent pas. Le moteur retenu au moment de l’achat peut faire toute la différence entre un choix serein et une facture de réparation douloureuse. Ce guide couvre les trois générations de la 308, identifie les motorisations fiables, signale celles à éviter et détaille les vérifications indispensables avant de signer.
Les moteurs à fuir absolument selon la génération de 308
Les moteurs problématiques de la 308 I (2007-2013)
La 308 I (2007-2013) a mis sur le marché des motorisations dont les défauts structurels sont aujourd’hui bien documentés. Le 1.6 THP dans ses déclinaisons 140, 150 et 175 ch cumule trois faiblesses majeures : la chaîne de distribution s’allonge prématurément, les soupapes s’encrassent en raison de l’injection directe, et la pompe à huile haute pression peut lâcher sans prévenir. Résultat : si la chaîne saute, c’est une casse moteur immédiate, avec une facture qui dépasse souvent 4 000 euros.
Le 1.6 HDI diesel n’est pas en reste. Son turbo à géométrie variable devient sensible à l’encrassement dès 100 000 km, et les joints des injecteurs ont tendance à fuir. Ces défauts combinés peuvent alourdir significativement le coût d’entretien d’un exemplaire vieillissant.
Les défauts de jeunesse de la 308 II (2013-2021)
Sur la 308 II, plusieurs moteurs sont clairement à éviter. Le 1.2 VTi 82 ch manque de puissance de façon rédhibitoire pour une utilisation courante. Le 1.6 HDI 92 ch souffre d’une sous-motorisation évidente. Les versions 1.2 PureTech 110 et 130 ch produites avant 2018 ont rencontré des problèmes sérieux de distribution et une consommation excessive d’huile. Le 1.6 BlueHDI 100 est pénalisé par des soucis d’EGR et de FAP, tandis que le 1.5 BlueHDI 100 affiche des performances insuffisantes pour une compacte familiale.
Un rappel effectué fin 2020 a en grande partie corrigé les défauts du 1.2 PureTech sur les exemplaires fabriqués jusqu’en avril 2017. Avant tout achat, vérifiez impérativement que cette campagne a bien été réalisée.
Les points de vigilance sur la 308 III (2021 et après)
La méfiance reste de mise sur la 308 III. Le 1.2 PureTech 130 ch, introduit dès 2014, embarque une courroie humide baignant dans l’huile moteur. Cette courroie se dégrade chimiquement : ses résidus bouchent la crépine d’aspiration d’huile et peuvent conduire à une casse moteur. Ce problème est récurrent quelle que soit la génération du véhicule. La vigilance sur l’historique d’entretien et la vidange s’impose donc systématiquement.
Le moteur essence le plus fiable sur la 308 : lequel choisir ?
Le 1.6 THP : des performances au prix de la fiabilité
Les versions 1.6 THP 125 et 155 ch constituent de bons choix sur le marché de l’occasion, mais elles sont extrêmement rares : ces motorisations ont disparu progressivement dès 2016. Les variantes 205 et 225 ch offrent de véritables prestations de modeste GT. La GTI, avec son 1.6 développant 270 ch, est très performante mais extrêmement ferme au quotidien, ce qui la rend difficile à vivre en usage urbain.
Quelle que soit la puissance, cette famille de moteurs impose de vérifier les factures d’entretien avec soin. Chaîne, pompe à huile, encrassement des soupapes : les risques sont identifiés, et un exemplaire mal entretenu peut rapidement devenir un gouffre financier.
Le 1.2 PureTech : un moteur réhabilité mais à surveiller
Le 1.2 PureTech n’est pas fondamentalement un mauvais moteur. Sa fiabilité doit simplement être surveillée de très près, surtout sur les exemplaires d’avant 2018. Le 110 ch affiche une consommation de 6,5 l/100 km. Le 130 ch tourne en moyenne à 6,7 l/100 km et offre une autonomie dépassant 770 km. La version micro-hybride 136 ch descend à 4,9 l/100 km, ce qui en fait un choix cohérent pour un usage mixte.
Privilégiez impérativement un exemplaire dont la campagne de rappel sur la distribution a été effectuée et dont le carnet d’entretien ne présente aucune zone d’ombre. Une vidange récente avec huile conforme est un bon signe. Un entretien irréprochable change radicalement le profil de risque de ce moteur.
Le moteur diesel le plus fiable sur la 308 : notre verdict
Le 2.0 HDi, champion de la longévité
Le 2.0 HDI dans ses versions 136, 150 et 163 ch représente les diesels les plus fiables jamais proposés sur la 308. Ces moteurs peuvent atteindre 400 000 km en usage régulier, une longévité rare dans ce segment. La consommation du 136 ch oscille entre 4,5 et 8,5 l/100 km selon les conditions. Le 150 ch affiche entre 5,3 et 7 l/100 km, et le 163 ch entre 6,2 et 7,4 l/100 km. Si vous êtes grand rouleur, ce moteur justifie un prix d’achat plus élevé à l’occasion.
Pour les amateurs de fiabilité des moteurs diesel à injection directe, ce 2.0 HDI constitue une référence solide, bien au-dessus de la moyenne du segment.
Le 2.0 BlueHDi 150 : très fiable mais avec un talon d’Achille
Ce moteur est globalement excellent, mais son système SCR (AdBlue) comporte une faiblesse connue. La pompe intégrée au réservoir peut défaillir et déformer ce dernier, ce qui entraîne un remplacement intégral entre 1 000 et 1 500 euros. Vérifiez l’état du réservoir AdBlue et le niveau de cérine Eolys avant tout achat.
Le 1.5 BlueHDI 130 ch, avec sa consommation moyenne de 5,6 l/100 km, constitue une alternative compétente pour un usage mixte, notamment sur les modèles post-restylage équipés de la boîte auto EAT8.

308 essence ou diesel : quelle motorisation choisir selon votre usage ?
Les arguments en faveur du diesel
Le diesel convient avant tout aux grands rouleurs et aux conducteurs effectuant de longs trajets. Le e-HDI 115 est sobre, vif et discret ; son remplaçant, le 1.6 BlueHDI, est plus sonore mais reste efficace. Le 1.6 BlueHDI 120 offre une fiabilité éprouvée, et les 2.0 BlueHDI 150 et 180 ch combinent sobriété et robustesse sur le long terme. Le 1.6 HDI 92 ch reste, lui, clairement à éviter en raison de sa sous-motorisation.
Les arguments en faveur de l’essence
Les moteurs essence sont mieux adaptés aux petits et moyens rouleurs, notamment en milieu urbain. Le 1.2 PureTech 130 ch post-2018, avec son autonomie dépassant 770 km, représente un choix cohérent pour un usage mixte. Les versions hybrides rechargeables de 180 ch et 225 ch permettent environ 42 km en mode 100 % électrique, réduisant significativement la consommation pour les conducteurs pouvant recharger régulièrement.
Quelle finition choisir pour une Peugeot 308 en occasion ?
Les finitions à privilégier
Trois finitions se détachent clairement : Active, Allure et GT Line. La finition Active embarque une tablette tactile, l’aide au stationnement arrière et la climatisation automatique bizone. La finition Allure ajoute l’aide au stationnement avant, les antibrouillards, le frein à main électrique, la navigation et les feux full LED. Dès 2016, Allure et GT Line s’enrichissent de la caméra de recul et de l’accès main-libre.
Les séries spéciales méritent aussi l’attention. La Sensation (2014), la Style (2015) et la TechEdition (2018) ajoutent des équipements à des prix serrés, ce qui en fait de bonnes affaires sur le marché de l’occasion.
Les finitions à éviter
La finition Access est trop dépouillée pour être revendue facilement. La finition Féline, bien qu’intéressante avec ses aides avancées (régulateur actif, alerte de collision, freinage automatique), coûte souvent plus cher sans justifier cet écart de prix. Le coup de cœur idéal reste une 308 en finition Allure, associée à un 1.6 THP 125 ou 155 ch en essence, ou à un 1.6 BlueHDI 120 voire un 2.0 BlueHDI 150 en diesel.

308 berline ou break SW : laquelle privilégier en occasion ?
La berline 5 portes mesure 4,25 m et offre 420 litres de coffre, portés à 1 228 litres banquette rabattue. Le break SW atteint 4,58 m avec 610 litres de coffre et jusqu’à 1 660 litres banquette rabattue. Deux carrosseries, deux usages bien distincts.
Les différences de consommation et de décote entre ces deux versions sont minimes. Si le volume de chargement est prioritaire, le break SW s’impose logiquement. La berline reste plus maniable en ville. Le choix entre les deux ne repose pas sur des critères de fiabilité — les motorisations et leurs problématiques sont identiques — mais uniquement sur les besoins quotidiens de l’acheteur.
Avant le restylage ou après : quelle 308 II privilégier en occasion ?
Le restylage de septembre 2017 a apporté un look plus dynamique avec une calandre plus verticale et un nouveau bouclier, mais aussi de nouvelles aides à la conduite : lecture des panneaux, détecteur de fatigue et conduite autonome de niveau 2. Sur le plan mécanique, il a introduit le 1.5 BlueHDI 130 et la boîte auto EAT8 sur le BlueHDI 180. En 2018, le 1.6 PureTech GT est passé de 205 à 225 ch.
Les modèles d’avant restylage utilisaient encore les anciens moteurs — 1.6 THP, 1.6 HDI, e-HDI — dont certains cumulent des défauts connus. Privilégiez les exemplaires post-restylage, tout en restant vigilant sur l’état de la distribution des PureTech produits avant avril 2017.

Les motorisations hybrides et électriques de la 308 : que valent-elles ?
Les versions hybrides rechargeables
Deux versions hybrides rechargeables sont disponibles : 180 ch et 225 ch, toutes deux couplées aux moteurs THP 205/225 ou BlueHDI 180. Elles permettent environ 42 km en mode 100 % électrique, ce qui les rend particulièrement intéressantes pour les conducteurs effectuant beaucoup de courts trajets urbains, à condition de pouvoir recharger régulièrement.
La GTI au 1.6 de 270 ch est, elle, très performante mais extrêmement ferme en confort. Son usage quotidien peut vite devenir fatigant sur mauvaise route.
La Peugeot e-308 — autonomie et recharge en utile
La version 100 % électrique développe 115 kW (156 ch) pour une autonomie allant jusqu’à 416 km, avec une consommation de 12,7 kWh/100 km. Sur une borne de 11 kW, il faut environ 3h10 pour passer de 20 % à 80 %. En charge rapide 100 kW, seulement 27 minutes suffisent pour atteindre 80 % à partir de 20 %. Ce modèle s’adresse avant tout aux conducteurs urbains et périurbains souhaitant réduire drastiquement leurs coûts de carburant.
Les points essentiels à vérifier avant d’acheter une Peugeot 308
Les vérifications mécaniques indispensables
Ne jamais négliger le démarrage à froid. Écoutez attentivement les premières secondes : un cliquetis est le signe d’une chaîne en difficulté sur les THP. Exigez systématiquement la facture de remplacement de chaîne. Branchez une valise OBD pour détecter les défauts enregistrés. Sur les PureTech concernés, vérifiez que la campagne de remplacement de la courroie humide a bien été effectuée. Contrôlez le niveau d’huile à froid et observez sa couleur : une huile noircie ou émulsionnée est un signal d’alarme immédiat.
Les vérifications spécifiques selon le type de moteur
- Faites un essai en accélération franche pour détecter un manque de réponse turbo sur les diesels.
- Vérifiez l’état du volant moteur bimasse — des vibrations au ralenti traduisent une usure avancée.
- Assurez-vous que le niveau de cérine Eolys a été maintenu sur les diesels équipés de FAP.
- Inspectez l’état du système AdBlue sur les BlueHDI récents : la défaillance de la pompe de réservoir coûte entre 1 000 et 1 500 euros.
- Sur les PureTech, contrôlez l’historique des vidanges pour écarter tout risque lié aux résidus de courroie humide.
Tableau comparatif des motorisations de la Peugeot 308 — fiabilité et consommation
Synthèse des motorisations essence
| Moteur essence | Consommation | Fiabilité |
|---|---|---|
| 1.2 PureTech 110 ch | 6,5 l/100 km | À surveiller avant 2018 |
| 1.2 PureTech 130 ch | 6,7 l/100 km (770 km d’autonomie) | Rappel requis avant avril 2017 |
| 1.2 PureTech 136 ch micro-hybride | 4,9 l/100 km | Bon choix récent |
| 1.6 THP 150 ch | 7 à 8,4 l/100 km | Fiable si entretenu, rare en occasion |
| 1.6 THP 156 ch | 7 à 8 l/100 km | Fiable si entretenu |
| 1.6 THP 175 ch | 7,9 à 10,5 l/100 km | Gourmand, chaîne à vérifier |
Synthèse des motorisations diesel
Le 2.0 HDI 136 ch affiche une consommation entre 4,5 et 8,5 l/100 km et incarne l’une des motorisations les plus fiables de la gamme. Le 2.0 HDI 150 ch, entre 5,3 et 7 l/100 km, est très fiable mais requiert une surveillance du système AdBlue. Le 2.0 HDI 163 ch, entre 6,2 et 7,4 l/100 km, partage cette excellente réputation. Le 1.5 BlueHDI 130 ch, à 5,6 l/100 km en moyenne, représente un bon choix post-restylage. Le 1.6 BlueHDI 120 offre une fiabilité éprouvée et reste recommandé. Le 1.6 HDI 92 ch est, sans ambiguïté, à éviter absolument.
Le 2.0 HDI demeure la référence absolue en matière de fiabilité sur la 308. Pour un acheteur souhaitant rouler sereinement sur de hauts kilométrages sans craindre les mauvaises surprises, c’est vers cette motorisation qu’il faut orienter sa recherche en priorité, quitte à élargir son budget d’achat en occasion.
- Coup de cœur diesel : 2.0 HDI 150 ch en finition Allure, post-restylage.
- Coup de cœur essence : 1.6 THP 155 ch en finition Allure, si vous en trouvez un bien entretenu.
- Optimal rapport sobriété/fiabilité — 1.6 BlueHDI 120 ch en finition Allure.
- À fuir absolument — 1.2 PureTech 110 ou 130 ch avant 2018 sans campagne de rappel effectuée.
- Alternative moderne : 1.2 PureTech 136 ch micro-hybride pour un usage urbain et périurbain.
