CarVertical : peut-on vraiment faire confiance aux rapports ?

car vertical

Quand on s’apprête à dépenser plusieurs milliers d’euros pour une voiture d’occasion, quelques clics pour lever le doute, ça semble rassurant… Mais encore faut-il que ce soit efficace.

Les rapports CarVertical vendus entre 15 et 30 euros ne disent presque rien de fiable sur une voiture strictement française. Ils n’ont aucun accès aux sinistres, aux entretiens ou aux kilomètres réels. Pour ces véhicules, vous payez un emballage sans contenu utile. À la place, combinez Histovec, factures, carnet d’entretien et contrôle technique : c’est gratuit, fiable, et bien plus pertinent !

CarVertical, comment ça fonctionne ?

Ces plateformes partent d’un principe simple.

Vous saisissez le numéro de série du véhicule, aussi appelé VIN, et en échange vous recevez un rapport censé détailler son historique. Le service promet d’identifier un éventuel vol, un accident, une importation floue ou un compteur trafiqué. Le tout basé sur des bases de données issues de polices, d’assureurs, de douanes et de garages.

Sur le papier, c’est séduisant. Mais en réalité, tout repose sur un accès hypothétique à des bases de données très cloisonnées.

Dans certains pays d’Europe de l’Est, comme la Lituanie ou la Pologne, ces données sont ouvertes.

Mais dans d’autres pays comme la France, elles sont tout simplement inaccessibles aux plateformes privées.

Pourquoi ça ne marche pas pour les voitures françaises ?

Les sites comme CarVertical n’ont aucun droit d’accès aux fichiers d’assurance ou de réparation pour les véhicules français. Ni les garages, ni les compagnies d’assurance, ni le SIV (Système d’Immatriculation des Véhicules) ne partagent leurs données.

Si la voiture que vous regardez a toujours été utilisée et entretenue sur le territoire, le rapport CarVertical ne vous dira rien d’utile. Rien.

À la place, vous aurez des informations superficielles : le modèle, la motorisation, l’année de mise en circulation, parfois un relevé d’annonces trouvées sur Internet, rien de plus.

Et c’est là que le problème commence : certains rapports affichent fièrement “aucune anomalie détectée”, alors qu’il n’y avait tout simplement aucune donnée disponible…

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Pourquoi cette présentation est trompeuse ?

Tout est fait pour donner une impression de sécurité. Couleurs vertes rassurantes, graphiques stylisés, mise en page propre. Mais le message est flou. Si rien n’est signalé, cela ne veut pas dire que la voiture est saine.

Cela veut juste dire que la plateforme n’a rien trouvé à dire. Et ce flou arrange bien CarVertical.

Beaucoup d’acheteurs pensent avoir une garantie, alors qu’ils ont payé pour un écran vide.

Pire encore, les conditions générales du site précisent que les informations sont indicatives, sans garantie de véracité. En cas d’erreur, vous n’avez aucun recours.

Le rapport n’a aucune valeur juridique. Ce n’est pas un document officiel, et vous ne pourrez pas vous en servir si un litige survient.

Quel est le vrai business de CarVertical ?

CarVertical ne vend pas des rapports, il vend du rassurement.

Et cette promesse est entretenue par une stratégie marketing bien huilée. Publicités ciblées, placements sponsorisés sur YouTube, influenceurs qui vantent le service sans comprendre ce qu’ils recommandent…

Le rapport coûte entre 15 et 30 euros, une somme “acceptable” qui donne l’illusion de la prudence. En réalité, c’est juste un achat de confort, sans garantie ni fondement solide.

Les sources affichées dans les rapports sont rarement détaillées. On y lit “informations issues de nos partenaires” sans aucun nom. Impossible de savoir quelles bases ont été consultées, ni quand.

Parfois, des photos anciennes sont récupérées depuis des sites d’annonces, mais rien ne prouve leur authenticité. Certaines proviennent même de plateformes étrangères sans lien direct avec le véhicule. Cette opacité empêche toute vérification indépendante.

Y a-t-il des cas où CarVertical est utile ?

Oui, dans un seul cas : les voitures importées récemment.

Pour un véhicule venu de Lituanie, de Roumanie ou de Pologne, le rapport peut contenir des informations fiables, car dans ces pays les bases de données automobiles sont ouvertes. Mais pour que cela ait un intérêt, il faut que le véhicule ait réellement circulé dans ces pays.

Dans ce cas précis, le rapport peut révéler un accident antérieur, un kilométrage suspect ou des éléments absents en France. Cela reste utile uniquement pour un véhicule d’origine étrangère.

Et encore, tout dépend du sérieux de la base étrangère interrogée. Pour tout le reste, passez votre chemin.

Que faire alors pour sécuriser un achat ?

Il existe des outils bien plus fiables, à commencer par Histovec.

Ce service officiel, gratuit, accessible via le ministère de l’Intérieur, permet d’obtenir l’historique d’un véhicule à partir de son immatriculation et du nom figurant sur la carte grise. Vous y trouverez :

  • le nombre de propriétaires successifs
  • les dates de changement de titulaire
  • le statut administratif (gage, vol, opposition)
  • les relevés de kilométrage des contrôles techniques

Ces données sont certifiées, elles ont une valeur légale. Et surtout, elles permettent de détecter de vraies incohérences. Ajoutez à cela quelques vérifications de bon sens : carnet d’entretien, factures, cohérence des dates et kilométrages… Et vous pouvez déjouer bien des arnaques.

Exemple : une voiture avec un contrôle technique noté à 120 000 km en 2022, puis une facture de vidange mentionnant 80 000 km en 2023… C’est un signal fort de fraude. Pas besoin de CarVertical pour le remarquer.

Faut-il faire confiance aux influenceurs qui en font la promo ?

Non !

CarVertical rémunère grassement ses ambassadeurs. Et très peu prennent le temps de vérifier la fiabilité réelle des rapports. Le problème, c’est qu’ils transmettent de fausses garanties à des acheteurs qui prennent des décisions importantes.

L’intention n’est pas toujours malveillante. Mais à force de vendre du vide comme une assurance crédible, ces partenariats induisent en erreur. Et les conséquences peuvent être lourdes pour quelqu’un qui pense avoir “tout vérifié”.

Si une plateforme n’a rien à vous dire, elle ne devrait pas vous le faire payer. Malheureusement, tant que les clients ne posent pas les bonnes questions, ce modèle commercial reste très rentable. Alors posez-les, ces questions. Exigez des preuves, pas des promesses bien emballées.

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CarVertical vs Histovec

Fonctionnalité CarVertical Histovec (officiel)
Prix 15 à 30 euros Gratuit
Données sinistres Non disponibles Non disponibles
Kilométrage vérifié Rarement Contrôle technique certifié
Données administratives Parfois, mais incomplètes Statut légal complet
Photos des annonces passées Oui, mais source incertaine Non
Valeur juridique Aucune Oui
Transparence des sources Floue Totale
Véhicules importés Pertinent dans certains cas Non pris en charge
Véhicules français Rapport vide Rapport complet

FAQ

Peut-on se faire rembourser un rapport CarVertical si les infos sont inutiles ?

Non. Les conditions générales du site précisent que les informations sont fournies sans garantie. Même si le rapport est vide, vous ne serez pas remboursé.

Les données de CarVertical sont-elles certifiées ?

Aucune information n’est certifiée. Le site n’est pas connecté aux bases officielles françaises. Les rapports s’appuient sur des données parfois vagues, parfois obsolètes.

CarVertical est-il utile pour toutes les voitures ?

Non. Le service n’a d’intérêt que pour certaines voitures importées depuis des pays où les données sont ouvertes. Pour les voitures strictement locales, passez votre chemin.

Existe-t-il une vraie alternative gratuite et fiable ?

Oui. Histovec permet d’avoir un historique administratif et kilométrique fiable, sans frais. Complétez avec les documents fournis par le vendeur pour un bon niveau de sécurité.

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