Pompe à injection Lucas/Delphi DPA et DPC : pourquoi et comment refaire l’étanchéité

Pompe à injection Lucas/Delphi DPA et DPC : pourquoi et comment refaire l’étanchéité

Les pompes à injection mécaniques Lucas, devenues Delphi après le rachat de la division diesel, équipent encore aujourd’hui des milliers de véhicules diesel en circulation. Conçues pour durer, ces pompes de type DPA et DPC montrent toutefois un point faible bien connu des mécaniciens : leurs joints d’étanchéité finissent par sécher, durcir et fuir avec le temps. Plutôt que de remplacer une pompe complète, dont le coût est souvent prohibitif, refaire l’étanchéité reste la solution la plus économique et la plus durable pour redonner une seconde vie au moteur.

Avant de se lancer dans la réparation, il faut comprendre que toutes les pompes Lucas ne se ressemblent pas. Selon le modèle exact, il faut s’équiper d’un kit joints pompe injection Delphi DPA DPC adapté à la version concernée, sous peine de devoir tout démonter une seconde fois. La marque Delphi, héritière directe du savoir-faire Lucas CAV, propose des pochettes complètes contenant l’ensemble des joints toriques, bagues d’étanchéité et joints spi nécessaires à une rénovation dans les règles de l’art. C’est aujourd’hui la référence du marché de la rechange pour ces pompes rotatives.

Un peu d’histoire : Lucas, CAV, Rotodiesel, Delphi

Pour bien comprendre la nomenclature parfois déroutante de ces pochettes de joints, il faut remonter aux origines. Lucas Industries était un équipementier britannique majeur du XXᵉ siècle, propriétaire de la marque CAV spécialisée dans l’injection diesel. Le terme Rotodiesel désigne quant à lui la branche française du groupe, qui a longtemps produit ces pompes à Blois. En 1999, la division injection a été rachetée par Delphi, qui continue aujourd’hui de commercialiser les pièces de rechange. C’est pourquoi on retrouve indifféremment les appellations Lucas, CAV, Rotodiesel ou Delphi sur le même type de pochette, désignant pourtant un produit identique.

Ces pompes rotatives équipent une grande variété de moteurs, parmi les plus emblématiques figurent le DW8 monté sur Peugeot 206, 306, Partner, Citroën Berlingo, Xsara, ainsi que le F8Q de Renault que l’on retrouve sur les Clio, Kangoo, Mégane et Express en 1.9 D. Toyota avec son 1WZ, Volvo avec ses moteurs D04192T, mais aussi de nombreux tracteurs agricoles Ford, Massey Ferguson, John Deere ou des engins JCB utilisent ces mêmes pompes.

DPA ou DPC : savoir identifier sa pompe

Première étape indispensable avant de commander quoi que ce soit : identifier précisément le type de pièce automobile. Les deux grandes familles sont la DPA (Distribution Pump Assembly) et la DPC (Distribution Pump Compact). Visuellement, la DPC est plus compacte et carrée, tandis que la DPA présente un boîtier plus arrondi et allongé.

Le moyen le plus fiable d’identification reste la plaque signalétique fixée sur la pompe. Pour les modèles DPC, les références commencent généralement par R8443, R8445 ou R8448, ainsi que des codes comme DWLP11, DWLP12 ou DWLP13 pour les versions montées sur les moteurs DW8 et F8Q. Les pompes DPA portent quant à elles des numéros à sept chiffres commençant souvent par 3232, 3242, 3248, 3262 ou 3442.

À noter qu’il existe également des pompes DPC Turbo, identifiables par une référence commençant par R8444. Celles-ci nécessitent une pochette différente, à ne pas confondre avec la version atmosphérique.

Les symptômes qui doivent alerter

Plusieurs signes ne trompent pas et indiquent qu’une rénovation des joints s’impose. Le suintement de gasoil sous la pompe, visible sur le bloc moteur ou sur la traverse du berceau, en est le premier indicateur. Une consommation anormale qui augmente progressivement, des démarrages difficiles à froid, ou la présence de bulles d’air dans le circuit basse pression sont également révélateurs.

Dans les cas avancés, on peut observer un calage moteur après une longue période d’arrêt, voire l’impossibilité totale de démarrer après plusieurs jours sans avoir roulé. Le moteur tire l’air par les joints fatigués au lieu d’aspirer le gasoil, ce qui désamorce le circuit. Plus rarement, mais plus grave, le gasoil peut migrer dans l’huile moteur si les joints internes lâchent complètement, provoquant une dilution dangereuse pour la mécanique.

La rénovation, étape par étape

Refaire l’étanchéité d’une pompe DPA ou DPC reste accessible à un bricoleur averti, à condition de travailler dans la propreté absolue. La moindre poussière introduite dans le circuit haute pression peut endommager les pistons et les têtes hydrauliques.

Le démontage de la pompe nécessite de repérer précisément le calage de la distribution avant toute intervention. Une fois la pompe sur l’établi, le couvercle supérieur est déposé, puis l’ensemble des joints toriques et bagues sont remplacés un à un. Le joint de couvercle 9007-497L, fourni dans les pochettes complètes pour DPC, ne doit jamais être réutilisé.

Pour les bricoleurs souhaitant aller plus loin, il est souvent judicieux d’associer cette opération au remplacement de l’électrovanne d’avance, dont les joints internes vieillissent en même temps que ceux de la pompe.

Avec un kit de qualité Delphi et un peu de patience, comptez une demi-journée de travail pour économiser plusieurs centaines d’euros par rapport au remplacement de la pompe complète, et repartir pour de nombreuses années de fiabilité.

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